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Les placements français avant la Grande Guerre : une évidente modernité

Publié le 14 septembre 2017, Mis à jour le 26 octobre 2017

Analysés avec les outils contemporains, les portefeuilles des investisseurs français du début du XXe siècle témoignent d’une compréhension très moderne des mécanismes financiers. Une audace et des choix de placements qui n’ont rien à envier à ceux de leurs voisins britanniques.

Oubliez le cliché du Français du début du XXe siècle, frileux et conservateur. Dans leur étude sur la diversification des portefeuilles français à la veille de 1914, le professeur de finance de l’EM Strasbourg Maxime Merli, le professeur d'économie à l'institut d'étude politique de Lyon, Antoine Parent et la doctorante Cécile Edlinger ont mis en évidence des structures de portefeuilles qui ne dépareraient pas dans le paysage actuel. « En analysant les écrits et les comportements des investisseurs avec les outils – notamment statistiques - de la finance moderne, nous avons constaté que des notions comme le risque, les corrélations où la diversification internationale étaient bien ancrés dans les mentalités de l’époque », explique Maxime Merli. Actions, obligations, titres étrangers, secteurs porteurs du moment (textile, industrie, etc.). Rien ne leur échappe. En somme, les principes modélisés à partir des années 1950, donnant corps à la théorie financière moderne, étaient déjà présents.

FRANÇAIS, ANGLAIS, MÊME COMBAT…


Pas rentiers pour un sou, donc, les Français en ce début de XXe siècle. Deux analystes financiers avaient, à ce moment, une aura très forte. D’une grande modernité, Paul Leroy-Beaulieu et Alfred Neymarck évoquaient dans leurs écrits* le concept de la « division des placements » et proposaient des portefeuilles différents adaptés au profil des investisseurs. Ce que font toujours les conseillers financiers de nos jours. Un contexte général à l’honneur de Paris, alors deuxième place financière mondiale derrière Londres. Portés par une place financière de premier ordre, les Anglais de l’époque font, à ce titre, un bel étalon. Culture financière proche, notion de diversification bien intégrée des deux côtés du Channel et niveau d’information comparable… Ce n’est pas sur ces aspects que se joue la différence.

L’INVESTISSEUR FRANÇAIS RÉHABILITÉ


À une Angleterre insulaire, tournée vers le nouveau monde et jugée moderne, s’oppose une France continentale, perçue comme conservatrice, attirée par l’Europe et particulièrement la Russie des tsars. Et pourtant, l’analyse moderne des portefeuilles détenus conclut à une rationalité plus forte du côté français qu’anglais. Le choix des Français d’allouer une part significative de leur richesse vers l’Europe semble économiquement justifié et non guidé par des seuls arguments politiques. Ce regard historique réhabilite l’investisseur français et révèle le début de siècle comme le berceau des bases des théories financières qui gouvernent les choix de portefeuilles aujourd’hui.
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