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Transition générationnelle des entreprises et groupes familiaux : un "passage" clé, porteur de défis et d'opportunités

Publié le 14 novembre 2019, Mis à jour le 14 novembre 2019

Herbert Castéran introduit cette conférence sur la transmission, transposée aux entreprises familiales, la première d’un cycle initié conjointement avec la Chambre de Métiers d'Alsace et l’Agence d'Attractivité d'Alsace, coanimée par Patrice Charlier, responsable de la Chaire « Transmission d’entreprises » à l’EM Strasbourg, et Christine Greiner, associée fondatrice de C_Suites Conseil, un cabinet de conseil qui vient en aide aux décideurs. Et pour débattre de ce thème sensible, deux chefs d’entreprises familiales emblématiques de la région : Michel Haag, Président de Météor, et Pierre Schmittheisler, Président de SERMES.

Chaire gouvernance et transmission d'entreprise familiale

Chaire gouvernance et transmission d'entreprise familiale

Préparer son départ


Patrice Charlier ouvre la conférence en rappelant qu’en France, la part des transmissions d’entreprises dans le cadre familial n’est que de 12 %, à comparer à 65 % en Allemagne et 76 % en Italie ! Une entreprise est considérée comme familiale lorsqu’elle appartient à une même famille depuis au moins deux générations. Si leur gestion peut sembler plus facile, car elle se fait « en famille », se pose néanmoins la délicate, et parfois douloureuse, question de la succession, qui est souvent peu ou mal préparée. Son processus comprend le transfert de la propriété et de la direction, mais aussi et surtout une forte dimension émotionnelle, pour le cédant, le repreneur et les membres de la famille.

Nicolas Mougin (Chambre des Métiers), précise que dans l’artisanat en Alsace, entre 25 et 35 % des chefs d’entreprises ont plus de 55 ans, ce qui représente plus de 8.000 entreprises qui feront à moyen terme l’objet d’une transmission. Les chiffres du BODACC (Bulletin officiel des annonce civiles et commerciales) indiquent que le taux de survie d’une entreprise reprise est de 88 % après 5 ans, alors qu’on constate qu’une entreprise sur deux ne passe pas le cap des 3 ans lorsque c’est une création. La comparaison de ces deux chiffres montre pourquoi la Chambre des Métiers est impliquée dans la transmission.

Si la succession s’anticipe, se réfléchit et se met en place généralement sur plusieurs années lorsque le chef d’entreprise approche de l’âge de la retraite, comme l’explique Christine Greiner, elle doit parfois s’organiser dans l’urgence, lorsque le dirigeant disparaît.

Ce fut le cas pour Pierre Schmittheisler, propulsé à la tête de l’entreprise SERMES à 24 ans à peine, à la mort prématurée de son père. Une situation qu’il ne veut en aucun cas faire revivre à ses proches ; c’est la raison pour laquelle il prépare d’ores et déjà son futur départ, ayant même cédé 75% de ses actions à ses enfants. À 62 ans, Pierre Schmittheisler précise avoir entamé le processus de succession depuis deux ans déjà. Il envisage de laisser totalement sa place à ses enfants dans les dix prochaines années, pour savourer une retraite bien méritée. Deux de ses fils sont d’ailleurs déjà employés par l’entreprise familiale.

Michel Haag préside Météor, « une brasserie alsacienne indépendante et qui entend le rester », qu’il a longtemps dirigée aux côtés de sa charismatique épouse Yolande, elle aussi très impliquée dans l’entreprise. Dans cette brasserie, qui prospère depuis près de 380 ans, règne un véritable esprit de famille, même parmi les employés, dont la famille travaille parfois aussi dans la société depuis plusieurs générations. Alors qu’il vient de célébrer ses 50 ans de carrière, Michel Haag s’apprête à passer le flambeau à Edouard, le plus jeune de ses quatre enfants, qui occupe déjà le poste de directeur général et commercial. Pour Michel Haag, lors d’une transmission familiale, il convient de respecter trois critères capitaux : le repreneur doit avoir la volonté de prendre la tête de l’entreprise, mais il doit aussi impérativement avoir les compétences nécessaires à sa gestion. Enfin, le cédant doit s’assurer qu’il ne fait pas un cadeau empoisonné à son successeur. Autrement dit, il doit lui transmettre une entreprise saine et pérenne.

 

Sphères sensibles et étapes incontournables


Des critères amplement validés par Christine Greiner, qui cite les pièges à éviter pour une transmission réussie.

Pour commencer, la spécialiste en conseil met l’accent sur les trois sphères concernées par un tel processus : la famille bien sûr, mais aussi l’entreprise et l’actionnariat. Trois sphères dont il faut savoir tenir compte, écouter et préserver au mieux tout au long de cette phase de transition. Pour une succession réussie, le cédant doit se montrer à l’écoute, actif et impliqué, tout en acceptant peu à peu de laisser sa place de décisionnaire à son remplaçant.

Christine Greiner prodigue également deux grands conseils de base : l’anticipation et la rationalisation. Le processus prend entre 5 et 10 ans dans le cadre d’une transmission, là où une cession « classique » ne dure que 2 à 3 ans. « Le temps qui passe ferme des portes », a-t-elle pu constater, et « plus on agit en amont, plus le jeu est totalement ouvert » et permet d’envisager les différentes solutions qui s’offrent à nous. « Anticiper ne signifie pas que l’on désigne 10 ans à l’avance la personne qui va prendre le relais, mais simplement que l’on s’inscrit dans une trajectoire », qui va permettre de mener à bien ce processus. Quant à la rationalisation, elle constitue un élément très important de la transmission, dans la mesure où il faut éviter de laisser l’émotion prendre le dessus.

 

Préserver les valeurs de l’entreprise


Tous les intervenants se rejoignent sur cette vision des étapes à respecter. Quant au changement, qui peut effrayer les cédants, il est nécessaire également à la pérennité de l’entreprise. Une fois encore, tous s’accordent à dire que le changement et l’innovation sont inhérents à l’évolution d’une société, et en garantissent même la bonne santé. Au fil des générations, si Pierre Schmittheisler et Michel Haag ont vu leur entreprise changer, c’était pour mieux s’adapter à un monde en perpétuelle évolution. L’essentiel, disent-ils d’une même voix, est de savoir préserver coûte que coûte les valeurs fondatrices de l’entreprise.
 

Pour aller plus loin : 

Cycle de conférences : Transmission – reprise d’entreprises
 
  • Jeudi 12 décembre à Mulhouse (SIM) à 18h00 - Le processus de négociation de la transmission / reprise externe : inventer une solution (public : repreneurs)
  • Jeudi 6 février à l'EM Strasbourg à 18h00 - La reprise d'entreprise : une autre voie pour aller vers l’entrepreneuriat (grand public, étudiants, repreneur et créateur 'entreprise)
  • Jeudi 9 avril à 12h00 à Colmar (Château Kiener) - Conférence - déjeuner : Valorisation de l'entreprise (public : cédants)

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