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Timothée Adolphe : un talent guidé par toute une équipe

Publié le 8 février 2019, Mis à jour le 8 février 2019

Athlète paralympique professionnel, Timothée ADOLPHE est entouré d’une équipe dédiée à la réalisation de son objectif : obtenir la médaille d’Or aux Jeux Paralympiques de Tokyo en 2020. À l’occasion de la conférence clôturant les EM Winter Games 2019, il est venu exposer aux étudiants de l’EM Strasbourg, la recette d’un travail en équipe efficient et constructif.

« Chaque porte fermée devant moi a été une source de motivation supplémentaire pour arriver à mes fins ». Question caractère et volonté, Timothée Adolphe est servi. Athlète paralympique professionnel souffrant de cécité totale, il a trouvé dans l’athlétisme un terrain d’expression de son tempérament de battant. Les coups n’ont pourtant pas manqué, notamment quand à 15 ans il s’entend dire de l’entraîneur d’un club qu’il voulait rejoindre : « Je n’ai pas de temps à perdre avec un aveugle ». Comme une gifle. Mais, plusieurs fois champion de France et d’Europe d’athlétisme (60m, 100m, 200m 400m) et visant désormais les Jeux Paralympiques de Tokyo de 2020, Timothée pourrait sourire aujourd’hui de cet entraîneur qui a quelque peu manqué de vision…

« Ce qui est dur, c’est de dépendre de la bonne volonté des gens alors que j’aime être indépendant, autonome », souffle-t-il tout de même. Mais, on l’a dit, il n’est pas du genre à baisser les bras. À force de travail, de persévérance et aussi d’un coup de pouce du destin qui lui a, un jour, permis de rejoindre le PUC (Paris Université Club) au stade Charlety, à Paris, Timothée s’est installé peu à peu dans le cercle fermé des sportifs de haut niveau. Curieux d’ailleurs, de constater que dans ce sport individuel par excellence qu’est l’athlétisme, on est bien peu de chose, athlète paralympique ou valide, sans une équipe performante et soudée derrière soi. « Au-delà de mes guides qui m’accompagnent sur les pistes d’entraînement et en compétition, j’ai besoin de cette équipe », affirme-t-il.

« Seul, je n’irais nulle part »


Comme dans toute organisation se fixant des objectifs, l’enjeu est donc de constituer la bonne équipe. En l’occurrence un coach, un préparateur mental, un professeur de yoga, l’équipe médicale bien sûr et 4 guides. C’est d’ailleurs sur ce dernier point que Timothée Adolphe a réellement innové. « Avoir autant de guides est peu courant, mais si l’on veut se professionnaliser toujours plus, je pense que c’est un passage obligé » justifie-t-il. Le reste est une question d’alchimie bien sûr, mais aussi de comportements individuels au sein de ce groupe : « chacun, avec son identité, est utile à ce projet », poursuit Timothée, « nous avons tous quelque chose à apporter, avec nos compétences, notre sensibilité ».

L’écoute et le respect des uns et des autres sont essentiels dans ce système dans lequel il peut y avoir des défaillances individuelles passagères : « Dans une équipe soudée, les conséquences sont minimisées car chacun peut prendre le relais de l’autre pour atteindre l’objectif. La seule certitude que j’ai c’est que seul, je n’irais nulle part ». Le droit à l’erreur est aussi une règle fondamentale car il est le meilleur moyen de libérer les énergies nécessaires pour avancer et faire la différence. Leader, Timothée Adolphe ? Oui et non. Bien sûr, il est, avec son tempérament, au cœur du dispositif créé sur-mesure autour de lui. Mais il faut aussi parfois savoir se mettre en retrait, assure-t-il, laisser le coach et chaque membre du groupe prendre le leadership à tour de rôle quand il a une valeur à ajouter à telle ou telle étape du processus.

Confiance et communication


Stabilisée depuis trois ans environ, l’équipe qui entoure Timothée est donc celle qui doit lui permettre de viser l’Or paralympique dans 18 mois à Tokyo avec une étape intermédiaire à Dubaï, où se dérouleront les championnats du monde en novembre 2019. Mais il prévient : « Pas question de se reposer sur nos lauriers d’ici-là. La remise en question doit être permanente car dans le sport de haut niveau si on ne fait pas cela, on régresse ». Pour cela, la communication et la confiance réciproque sont les deux carburants d’une équipe entièrement dédiée et tournée vers la performance et la réussite d’un homme. Deux clés de voûte que l’on retrouve en général dans toute organisation, entreprise, service ou association qui tendent vers la réussite d’un projet, quel qu’il soit. « Si chacun met ses compétences et son envie au service du collectif et si on évite les non-dits, il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas », conclut Timothée Adolphe.



Un binôme sur la piste

Chaque course est un défi. Emmené par son guide, Timothée Adolphe doit prendre en compte à chaque instant qu’il ne court pas seul, qu’il doit s’adapter à son guide et inversement. « Je dois aussi lui faire entièrement confiance », explique-t-il, « pour que nous soyons performants à deux ». Dans ce contexte, le bras de guidage, qui relie le guide et son coureur joue un rôle majeur : « Il donne beaucoup d’indications. Vitesse et direction bien sûr, mais aussi amplitude des foulées, fréquence, rythme… » Comme un vecteur de communication entre deux individus qui doivent aussi bien se connaître pour bien se comprendre dans des laps de temps très courts : à peine plus de 11 secondes pour un 100 mètres.
 

Un palmarès en or

Outre ses multiples titres nationaux, Timothée Adolphe compte 5 titres européens d’athlétisme, deux médailles de bronze au niveau mondial, un record du monde sur 60 mètres et deux d’Europe sur 100 et 200 mètres.
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