Aller au contenu | Menu

Newsroom - EM Strasbourg Business School
Autres sites
Newsroom - EM Strasbourg Business School
Les actualités
de l'EM Strasbourg
Logo Partenaires

Finance|Recherche

Présidentielle : les programmes économiques des candidats et les finances publiques ont été débattus à l'EM Strasbourg

Publié le 20 avril 2012, Mis à jour le 26 juin 2014

Lors de la crise des années 30, les Américains ont vu leur revenu chuter de 27%, le chômage a progressé de 25% et des banques ont fait faillite en série. Laurent Weill, enseignant-chercheur à l'EM Strasbourg et directeur du laboratoire LARGE, débute sa conférence sur les programmes économiques des candidats à la présidentielle par une mise en perspective historique. « Avec un déficit public qui augmente on maintien la menace d'une faillite », souligne-t-il lors d'une conférence organisée à l'EM Strasbourg à la veille du premier tour de l'élection, jeudi 19 avril 2012. Près de 200 personnes, étudiants, professionnels, partenaires ou simples curieux étaient présents pour assister à cette conférence.

Après avoir évoqué les trois thèmes majeurs que sont la dette, la croissance et l'emploi, l'universitaire épluche les propositions des différents candidats.

Les propositions passées au crible


Concernant le programme de François Hollande (PS), Laurent Weill discute la pertinence de séparer les banques d'investissement et de dépôt. Et pointe la contradiction entre la volonté d'augmenter les cotisations sociales et de la baisser au travers du contrat de génération. La fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu serait une mesure juste, sous certaines conditions.

Pour ce qui est du président sortant, Nicolas Sarkozy, le chercheur estime notamment qu'il minimise les efforts à faire pour parvenir à l'équilibre budgétaire. La mise en place d'une TVA sociale pourrait permettre de faire financer la protection sociale par les biens étrangers importés en France.

L'idée du « made in France » ou du « produire en France » avancée par François Bayrou et reprise par la plupart des candidats aurait sans doute un effet « anecdotique », estime Laurent Weill, les Français ne souhaitant sans doute pas payer « deux à trois fois plus cher » les produits concernés.

La sortie de l'euro, proposée par Marine Le Pen, est également remise en cause : accompagnée d'une dévaluation, le retour au Franc ferait mécaniquement augmenter la dette et entrainerait un risque de faillite si les prêteurs faisaient défaut. Sans compter les risques de spéculation qui pourraient entourer la dévaluation.

Laurent Weill remarque que Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud proposent tous une augmentation du Smic ou des bas salaires. Cela aurait pour conséquence d'augmenter la consommation des biens importés pour un coût budgétaire élevé. Le candidat du Front de gauche et celle du Front national se rejoignent aussi sur la mise en place de barrières douanières. Idée que l'universitaire juge irréaliste.

Changer le mandat de la BCE (Banque centrale européenne) pour qu'elle propose des prêts à taux zéro aux Etats semble impossible à Laurent Weill, car cela reviendrait à faire tourner la planche à billets, ce que les Allemands notamment n'accepteraient pas.

Programmes des candidats : ce qu'en a retenu le public


Voici une sélection de Tweets publiés par certains des membres de l'audience de Laurent Weill au cours de la conférence

 

Equilibrer le budget de l'Etat : une cause perdue ?


Pour Charles de Courson, vice-président de la commission des Finances de l'Assemblée, la France est « médiocre » en matière de finances publiques. Le parlementaire et magistrat à la Cour des comptes intervenait à l'EM Strasbourg le 11 avril 2012 devant quelque 150 personnes. Il était invité par l'association des étudiants du master CCA (contrôle-comptabilité-audit).

L'endettement ne cesse d'augmenter, souligne l'élu : 86% du PIB l'année dernière et 90% en 2012, soit 1 172 milliards d'euros, souligne l'orateur en introduction. Il rappelle que les derniers budgets à l'équilibre datent de 1981. Il affirme que le pays « a principalement augmenté les prélèvements obligatoires pour diminuer l'endettement », plutôt que de réduire les dépenses publiques. Et de plaider pour une « révolution intellectuelle ». Selon lui, « si on ne redresse pas les finances publiques rapidement il n'y aura plus de démocratie ». Il cite notamment le bilan financier de l'Etat : le montant des passifs est 1 648 milliards d'euros, alors que les actifs atteignent seulement 848 milliards d'euros.

Réduire les dépenses d'un quart


Charles de Courson défend par exemple la mise en place de la « règle d'or » qui obligerait le Parlement à voter un budget à l'équilibre. « La règle d'or est indispensable pour rappeler qu'on ne peut pas gérer une démocratique avec un déficit car c'est irresponsable. »

Il faudrait réduire d'un quart toutes les dépenses de l'Etat, assure le parlementaire. Il faut également arrêter de « miner » les impôts par des niches fiscales qui « profitent surtout aux gens les plus aisés ». Plutôt que de s'attaquer à certaines niches fiscales et ainsi de faire des mécontents (« dans chaque niche il y a un chien »), Charles de Courson recommande un coup de rabot global.

Partagez ! Recommandez !

Connexion