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Militaires en reconversion : savoir-faire et savoir-être au service des entreprises

Publié le 12 février 2019, Mis à jour le 19 février 2019

Capacité d’adaptation, réactivité, gestion de crise, management d’équipes… Les militaires en reconversion cumulent les qualités qui en font des candidats tout à fait aptes pour des postes de direction ou de management intermédiaire dans les entreprises. A condition, pour les recruteurs, de passer outre certains clichés comme, par exemple, celui d’une psychorigidité trop prononcée. Un sujet abordé lors d’une récente conférence ‘Avis d’expert’ qui s’est déroulée à l’EM Strasbourg business school, co-organisée avec le Medef Alsace et l’association Implic’action.

Passer du treillis au costume. D’un grade au sein de l’armée à une fonction dans une entreprise. Les militaires sont de plus en plus nombreux à passer ce cap après avoir servi sous les drapeaux pendant de nombreuses années. Souvent loin de l’image de rigidité qui leur colle à la peau, les militaires en reconversion entendent apporter un savoir-faire et un savoir-être qui peuvent avoir un réel intérêt dans le privé. Parmi eux, les officiers et sous-officiers, forts de leur image de leaders et de meneurs d’hommes, représentent des objectifs de choix pour les entreprises en phase de recrutement. Responsable sûreté et sécurité au Parlement Européen depuis 2015 et ancien officier, Philippe Chaise a effectué de nombreuses opérations extérieures dans sa carrière militaire. Chacune démontre le rôle de manager d’équipe et de leader qu’il a dû démontrer.

« À chaque instant, on doit prendre rapidement des décisions qui ont une incidence sur l’unité que l’on dirige », explique-t-il, « avec un risque parfois vital ». Forcer un barrage hostile en véhicule blindé, s’adapter au terrain et aux éléments après un saut en parachute, gagner la légitimité au sein d’un détachement dont on prend le commandement au pied-levé…. Autant de cas de figures qui témoignent de la capacité d’adaptation, de la réactivité et du sens des responsabilités et de l’engagement développés à l’armée. « Assez souvent, disons-le, avec des moyens limités qui obligent à trouver des solutions en permanence », ajoute-t-il. Le charisme et les capacités de management font le reste. « On peut tout à fait assimiler le commandement au management », confirme Eric Hubler, consultant et fondateur de la méthode Aïkido Management®, « dans les deux cas, on parle bien de gérer l’humain avant tout même si, dans le cas de figure de l’armée et quand la vie est en jeu, cela modifie naturellement l’échelle des valeurs ».

Le leadership, une question de confiance mutuelle


Dans ce contexte, la vision du leadership développée dans un contexte militaire est tout à fait transposable au monde de l’entreprise : « C’est une question de confiance mutuelle et cela ne se décrète pas », explique le Lieutenant-Colonel Courapied. « Souvent le leadership commence par le silence », poursuit-il, « c’est une question d’attitude, de gestes rassurants et inspirants qui provoquent le respect ». L’armée est, à ce sujet, certainement « une très bonne école pour développer cette capacité chez ceux qui en ont l’envie », ajoute Jocelyne Yalenios, enseignant-chercheur en Ressources humaines à l’EM Strasbourg business school.

C’est une bonne école également qui ‘propose’ des managers qui répondent au développement des Communautés de pratiques au sein des entreprises. « Au-delà de leur image stricte, ils ont profil intéressant car, sachant déléguer et donner de l’autonomie, ils peuvent être des facilitateurs du développement de ces Communautés de pratiques qui ont besoin d’une certaine liberté pour donner le meilleur d’elles-mêmes », explique Jean-Philippe Bootz, maître de conférences à l’EM Strasbourg.

Des profils ouverts aux formations


Reste toutefois une question essentielle : au-delà de son savoir-être, quels savoir-faire un ancien militaire peut-il apporter à l’entreprise ? Comment être sûr de pouvoir compter sur un nouveau collaborateur immédiatement opérationnel ? Un début de réponse se trouve dans les nombreux métiers qui existent au sein de l’armée et qui peuvent trouver leur pendent dans le civil. Un autre élément de réponse peut rassurer les entreprises : les militaires passent une grande partie de leur carrière à se former. « Six ans sur 24 pour ma part », témoigne Philippe Chaise.

Si la reconversion doit passer par une formation poussée, cela n’effraie donc pas les anciens militaires pour qui l’idée de remise en question permanente est profondément ancrée dans leur ADN. Beaucoup effectuent donc des formations avant même de postuler à une offre d’emploi dans le civil. Il existe enfin un organisme, Défense Mobilités, dépendant du Ministère de la défense et chargé d’accompagner les militaires dans leur reconversion et les entreprises dans leurs recherches de candidats. Il agit comme un filtre permettant de maximiser les chances de réussite d’une reconversion qui est également vécue, par les militaires, comme un moment important pour enfin « se poser » et trouver un nouvel équilibre de vie après des années passées à vivre au gré des mutations et des missions à l’étranger, pas toujours simples à vivre sur un plan personnel et familial.
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