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Management et commandement militaire : quelles synergies, quelles différences ?

Publié le 24 janvier 2020, Mis à jour le 30 mars 2020

Manager une équipe et commander des forces armées, deux fonctions identiques ou aux antipodes ? Un bon chef militaire peut-il être un bon dirigeant d’entreprise ? Derrière cette thématique se pose la question du leadership. Comment le définit-on ? Quelles sont ses caractéristiques ? Ces réflexions étaient au cœur de la conférence « Management et commandement militaire : quelles synergies, quelles différences ? », co-organisée avec l’Armée de Terre le 16 janvier.

Conférence management et commandement militaire

Conférence management et commandement militaire

Lorsque des chefs militaires essaient de présenter aux managers les similitudes entre leurs métiers, il manque souvent des éléments de langage, « des ponts » pour réunir les deux mondes. Ce constat est fait par Éric Hubler et Hervé Luthringer, auteurs du livre « Leaders ». Pour y remédier, ils ont décidé d’analyser les deux secteurs et d’en ressortir des traits d’union. « Une cloison étanche existe entre le monde civil et le monde militaire où les civils font du commandement sans le savoir et inversement », analysent-ils.

 

Un leadership similaire


Plutôt que d’opposer les rôles de manager et de commandant, les deux auteurs ont choisi de mettre en avant la notion de leadership, composante indispensable aux deux fonctions. « Un leader travaille constamment sur sa propre croissance. On le définit par sa façon d’être, de faire, sur son interaction avec les autres et sur sa contribution à l’organisation. » Ces éléments sont applicables aux deux secteurs.

Pour le savoir-faire, plusieurs compétences ressortent chez un leader : la préparation de l’action, le passage à l’acte, l’adaptation à toutes situations et l’obéissance à l’institution. Le leader sert une mission collective, un intérêt supérieur qui va susciter l’engagement et donner un sens à son engagement. L’exigence personnelle, l’humilité et le courage sont également des atouts reconnus chez un chef d’équipe. L’ardeur ou la « capacité à incarner de manière énergique ce à quoi il voue ses efforts » est également très présente chez un leader.

Sur l’aspect comportemental, le dirigeant va consacrer du temps à l’humain. Il est lui-même un créateur de leaders, utile et inspirant. L’écoute et la disponibilité sont au cœur de son action. « Ce n’est qu’en faisant grandir les autres qu’un leader fera grandir l’organisation.»

Au-delà de ce socle commun, « la capacité d’engagement du commandant et du manager » est un critère déterminant pour les deux fonctions, constate Herbert Castéran, directeur général de l’EM Strasbourg.

À la question de savoir si un chef naît leader, la réponse est unanime. « C’est le charisme qui est naturel, pas le leadership. Tout le monde peut devenir leader. On le devient grâce à la somme des expériences engrangées. Ce vécu donne une colonne vertébrale de valeurs, indispensable au leadership », affirme Éric Hubler.

 

Des différences notoires


Si les deux métiers semblent compatibles, le monde militaire garde toutefois des spécificités. « Un leader militaire a, entre ses mains, la vie de ses hommes. L’engagement est ultime. Il faut un leadership sans faille avec une immense confiance », témoignent Hervé Luthringer et Éric Hubler. Le capitaine Robert, présent à la conférence, abonde dans ce sens. « Pour réussir une mission, on est parfois obligé de donner un ordre avec derrière un impact et des conséquences énormes sur la vie personnelle des subordonnés. Il n’y a pas de dialogue possible, c’est un commandement. »

De ce fait, si un chef est médiocre, la conséquence est immédiate avec une perte d’autorité. « En entreprise, un dirigeant avec des compétences insuffisantes peut rester longtemps à son poste. »

D’autres caractéristiques propres au monde militaire ont été relevées : l’ambiance générale, la tenue imposée, la formation, une organisation et une hiérarchie plus prononcées, des rituels et un sentiment d’appartenance plus importants. « Je trouve que c’est le point où l’armée se distingue. Elle unit sous le même uniforme et le même langage des personnes de tous les horizons. Elle crée une identité commune avec une diversité de profils remarquable. », souligne le lieutenant Alex, intervenant à la conférence.

Au-delà de ces clivages, Hervé Luthringer et Éric Hubler regrettent la faible présence de l’esprit de corps au sein d’une entreprise contrairement au monde militaire. Chaque maillon de la chaîne doit être important dans une structure. Selon les deux auteurs, c’est cette notion primordiale qui est le secret d’une véritable synergie au sein d’une équipe.
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