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Les femmes entrepreneurs dans le monde du vin

Publié le 13 novembre 2020, Mis à jour le 16 novembre 2020

Vigneronnes, œnologues, maîtres de chais, sommelières, cavistes, critiques de vins, blogueuses… Les femmes sont de plus en plus nombreuses dans le monde du vin. Elles investissent les professions vinicoles, s’imposant dans un monde très masculin avec un style à part. Leurs profils, leurs réseaux, leur approche de l’incertitude et leur vision du futur sont des atouts fondamentaux dans leur profession. La Chaire Vin et Tourisme de l’EM Strasbourg a organisé une conférence, en association avec la Bibliothèque Nationale et Universitaire, organisatrice de l'exposition Deux milles vins, pour mettre en lumière ces femmes passionnées par leur métier.

Les femmes entrepreneurs dans le monde du vin

Les femmes entrepreneurs dans le monde du vin


Des profils riches et variés



Le panel de cette table illustre une première caractéristique : la grande diversité des parcours et des compétences des différentes femmes entrepreneurs dans le milieu du vin.

 
  • Céline Metz, vigneronne au domaine Hubert Metz, est diplômée de l’EM Strasbourg et a connu de nombreuses expériences en France et en Australie, avant de rejoindre le domaine viticole familial,
  • Hélène Darras est chargée de communication et référente vin au sein de la marque collective Démeter. L’entité regroupe des adhérents spécialisés dans l’agriculture biodynamique. « Ce métier allie parfaitement mes envies, mes valeurs et mes compétences. Hélène est forte d’une formation dans la commercialisation associée à des expériences dans le monde viticole lui permettant de disposer d’un bagage technique idoine).
  • Après une formation d’ingénieur agronome et œnologue, Christina Augarde avait pour projet de reprendre une exploitation vinicole avec son mari. Elle réalise pour cela une formation continue pour développer une expertise en entrepreneuriat à l’EM Strasbourg. En 2015, son mari et elle acquièrent un vignoble dans le Bordelais, à Saint Emilion, le Château Peyrelongue.

Cette richesse et cette hétérogénéité des profils est une des caractéristiques de l’entrepreneuriat des femmes, observe Juliane Santoni, docteure en sciences de gestion et fondatrice du programme Entrepreneurial Mindset Evolution Mentorship.

« À travers vos parcours très variés, on remarque un premier point commun. Pour construire vos projets respectifs, vous vous êtes appuyées sur votre personnalité. Vous avez capitalisé sur vos compétences et votre expérience. Vous n’avez pas déterminé un objectif au préalable. Vous vous êtes basées sur vos acquis et avez établi un champ des possibles. C’est une caractéristique fondamentale que nous relevons chez l’entrepreneur effectual », analyse Coralie Haller, enseignante-chercheuse à l’EM Strasbourg et porteuse de la Chaire vin et Tourisme de l’école.
 

La force de la coopération : « Entrepreneur est un métier collectif »


Les trois intervenantes ont ensuite abordé le rôle de la coopération dans la conduite de leurs projets entrepreneuriaux. « S’appuyer sur un réseau est primordial lorsque nous n’avons pas un parcours classique. Des communautés comme DiVINes d’Alsace et les alumni de l’EM Strasbourg m’ont permis d’avoir des regards différents sur mon métier. Cela m’a poussé à avancer, à avoir des idées que je n’aurais pas eues autrement. Le vin est un produit ouvert sur le monde. Nous nous devons d’en faire de même », relève Céline Metz.

Pour Hélène Darras, cette collaboration est vitale. « Il est indispensable d’avoir un lien fort avec nos adhérents. En tant que marque collective, Demeter collabore constamment avec eux pour mettre en place les grandes orientations. C’est également notre rôle de les accompagner dans leurs projets et leurs événements (salons). Créer du lien avec eux nous permet de gagner en agilité et en réactivité. »

La coopération dépasse fréquemment le cadre professionnel. Pour Christina Augarde, la coopération entrepreneuriale doit tendre vers « du lien durable et valorisant pour tous. Nous avons besoin de cette complémentarité des compétences pour bâtir un vrai projet entrepreneurial. » La vigneronne a ainsi établi des relations de confiance avec l’ensemble des associés de son projet. « Ils font partie intégrante de nos échanges et de nos partages. »

Un constat partagé par Juliane Santoni. « Nous remarquons très souvent que les vignerons créent de nombreuses collaborations. Ils échangent autour de leurs pratiques métier. Ces coopérations se construisent à travers une proximité en termes de valeurs ou la proximité géographique. » Ce « patchwork fou » permet une cocréation optimale dans un projet entrepreneurial, constate Coralie Haller.
 

L’incertitude : « un moteur d’adaptation »


Pour l’ensemble des intervenantes, l’incertitude est inhérente à leur profession. « Elle ne doit pas être un obstacle en soi, mais un moteur d’adaptation », souligne Christina Augarde. Pour faire face à ce risque constant, « on cherche systématiquement à l’identifier et à le réduire ».

« Dans le processus entrepreneurial, un entrepreneur va effectivement identifier les pertes acceptables, ce qu’il est prêt à perdre pour faire face au risque. C’est le seul élément qu’il peut contrôler. Ce facteur va lui permettre de réduire l’incertitude », analyse Coralie Haller.

Cette posture de l’entrepreneur effectual permet d’explorer le champ des possibles et d’identifier d’éventuelles opportunités. Car oui, l’incertitude peut également constituer un tremplin dans le développement de son projet professionnel. « Les périodes d’incertitude sont inconfortables, mais elles permettent de désapprendre nos habitudes et de pouvoir évoluer vers un nouveau mode de fonctionnement. La mise en action et la créativité sont des moyens de faire face à l’incertitude », explique Juliane Santoni.

Avec la situation sanitaire actuelle, Céline Metz a dû transformer subitement ses moyens de commercialisation. « Face à cette incertitude du marché, nous avons dû accélérer la digitalisation de notre offre. Nous faisons ce que nous pouvons pour subir le risque le moins possible. C’est un excellent challenge pour notre créativité. »
 

Le futur ? Un équilibre entre passion professionnelle et vie personnelle


« Aujourd’hui, je suis épanouie dans ma vie professionnelle. Mon objectif : continuer à l’être en maintenant un bon équilibre entre travail et vie personnelle », déclare Hélène Darras.

Cet objectif est exprimé par l’ensemble des intervenantes. Elles souhaitent également s’investir davantage dans de nouveaux réseaux, de nouvelles actions et acquérir toujours plus de compétences. « Nous sommes fières de ce que nous accomplissons chaque jour. Nous sommes heureuses de pouvoir vivre de ce métier à la symbolique si forte », indique Christina Augarde.

Pour Juliane Santoni, « Cette quête du sens est importante pour ces femmes entrepreneurs : l’alignement entre sa mission et sa vision est déterminant. Les compétences clés telles que la capacité d’apprentissage, l’adaptabilité et la curiosité lui permettront d’agir sur ce qu’il peut contrôler. »

C’est cette capacité à transformer son environnement qui permettra à l’entrepreneur d’être acteur de son futur. « Il faut un pilote dans l’avion. L’avenir est produit par nos actions. Tester une idée permet de contrôler ce qui est impossible de prévoir », conclut Coralie Haller.
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