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Développement durable

Il n’y a plus de combat utile si l’on perd la bataille du changement climatique

Publié le 11 avril 2019, Mis à jour le 11 avril 2019

Explorateur, initiateur des projets PlanetSolar et SolarStratos, Raphaël Domjan a exposé sa vision des enjeux liés au changement climatique aux étudiants de l’EM Strasbourg Business School. Un regard sans concession mais plein d’espoir sur la capacité des hommes et des femmes à relever les défis technologiques, notamment des énergies renouvelables.

Vous menez depuis de nombreuses années des projets -PlanetSolar pour un tour du monde en bateau électrique, l’avion solaire SolarStratos qui doit voler à 20 kms d’altitude- qui reposent sur les énergies renouvelables. D’où vient cet engagement ?

Depuis la fin du XIXe siècle et la première voiture à dépasser les 100 km/h, la Jamais Contente qui était électrique, les êtres humains ont réalisé des choses fantastiques grâce à l’électricité. Rouler sur la lune, traverser les mers, puis faire le tour du monde en avion solaire... Le potentiel de l’électricité est immense et insuffisamment exploité. Cet engagement vient aussi de ma passion pour la haute montagne, qui m’a permis de faire, à 11 ans d’intervalle en 1993 puis en 2004, le même voyage sur un glacier en Islande. Il était épais de 700 mètres... mais en 2004, il avait disparu ! Si l’on ne fait rien, le réchauffement climatique fera passer la température à 35 degrés en moyenne dans certaines zones de l’Asie du Sud Est et du Moyen-Orient, avec un taux d’humidité de 100%, autant dire qu’elles seront invivables ! La liste des risques est longue. Si l’on perd la bataille du changement climatique, il n’y aura plus de combat utile.


Quelles sont les bonnes nouvelles ?


Il y en a beaucoup ! D’abord, la plus belle de ces nouvelles est que les énergies renouvelables offrent un potentiel extraordinaire : éolienne, solaire, hydraulique, géothermique... On estime qu’il représente 1000 trillions de kilowatts/heure, soit 8000 fois les besoins actuels de l’humanité. Nous avons prouvé avec notre bateau PlanetSolar que l’on pouvait les ‘apprivoiser’, qu’il était possible de faire le tour du monde à l’énergie solaire et avec des technologies (panneaux solaires, batteries) accessibles à tous. C’est d’ailleurs lors de cette épopée, dans l’immensité du Pacifique et sous la Voie Lactée, que je me suis demandé ce que je pouvais faire de plus… aller plus haut, plus loin ! C’est là qu’est née l’idée de SolarStratos.


En quoi consiste-t-elle ?


Il s’agit de faire en sorte qu’un avion fonctionnant à l’énergie solaire atteigne une altitude stratosphérique de 20 kilomètres. Les avantages sont multiples : plus besoin de kérosène, meilleure ‘qualité’ de l’énergie solaire en altitude (jusqu’à 1.360W/m2), des températures jusqu’à -60 degrés qui favorisent le rendement des panneaux… Nous y travaillons activement pour démontrer que plus on monte en altitude, plus il y a d’énergie pour faire avancer l’avion. Cela peut avoir un intérêt par exemple pour développer des drones autonomes pour les réseaux wifi dans les zones isolées, pour observer la planète, etc. À cette altitude, ils pourraient voler 6 mois sans interruption.


Quelle est la finalité de tout cela ?


Notre objectif est de montrer que les solutions existent. Il ne s’agit pas de se priver de tout au prétexte de la raréfaction des ressources et de l’augmentation de la population mondiale. Mais nous voulons prouver que les énergies renouvelables, solaire notamment, peuvent être une vraie réponse aux enjeux énergétiques et accompagner les besoins de la population. Je suis explorateur, pas chef d’entreprise. C’est donc aux entrepreneurs, aux futurs managers formés par l’EM Strasbourg par exemple de s'engager dans ce type de projets.

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