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Covid et consommation : défis et perspectives

Publié le 8 décembre 2020, Mis à jour le 9 décembre 2020

La crise sanitaire et les deux confinements ont indubitablement modifié les habitudes de consommation des ménages. L’offre et la demande ont dû évoluer et s’adapter rapidement pour faire face à ces changements soudains. Aujourd’hui, la production locale, la vente en ligne et les achats responsables sont des tendances fortes. Sont-elles « un effet de mode » ou un changement durable dans nos habitudes ? Une conférence, co-organisée par l’EM Strasbourg, la marque Alsace et l’Adira le 3 décembre, s’est penchée sur cette thématique à travers le témoignage d’enseignants-chercheurs et de professionnels.

Quel impact de la Covid sur la consommation ?

Quel impact de la Covid sur la consommation ?

« Pendant le confinement, nous avons pu observer une chute assez drastique des dépenses. Cela s’explique notamment par un accès plus réduit à la consommation. Toutefois, cette simple analyse serait trop réductrice par rapport à ce que nous vivons. Nous consommons moins, certes, mais nous consommons surtout autrement », déclare en introduction Marine Cambefort, maître de conférences à l’université de Strasbourg. Selon elle, la crise de la Covid a en effet mis en exergue trois phénomènes : une digitalisation, une relocalisation et un contournement de la consommation.


Un virage numérique notable


Selon des chiffres de la fintech CDLK, la crise sanitaire permet à la digitalisation de la consommation de prendre une autre envergure. Les dépenses en ligne représentaient 31% des dépenses globales en France le 1er mars 2020, juste avant le premier confinement. Lors du confinement, cette part s’est élevée à 46%. Le système de drive et le click & collect sont devenus de véritables habitudes de consommation.

Cette digitalisation de la consommation a également eu des répercussions sur le comportement des consommateurs dans les magasins. « La fréquence des visites du consommateur a baissé. Cela s’explique notamment par le développement de la livraison à domicile », témoigne Said Bindou, commerçant indépendant et adhérent à l’enseigne E.Leclerc de Strasbourg. « Le consommateur trouve un confort et un intérêt certains dans les nouvelles offres numériques. Le drive a explosé et c’est une tendance durable. » Pendant le déconfinement, les commerces ont ainsi dû adapter leur communication. Ils ont dû répondre aux attentes d’un client « qui souhaite passer moins de temps dans un magasin et aller à l’essentiel ».

Le « do it yourself » a également boosté le virage numérique à l’image du succès des cours de cuisine, de sport et de yoga en ligne.


Une alimentation plus locale :


Selon une étude menée par Process Alimentaire, 45% des Français interrogés déclarent avoir changé leur consommation en faveur d’une offre plus locale pendant le premier confinement. Ces changements sont amenés à perdurer. 80% des personnes déclarent vouloir maintenir leurs habitudes post-confinement. « Pendant ces deux confinements, les Français ont fait part de leur attachement aux producteurs, aux commerces de proximité. La crise sanitaire a clairement eu un effet sur la volonté de relocaliser la consommation », analyse Marine Cambefort.

Geoffrey Andna, maraîcher à l’llôt de la Meinau, ferme urbaine de Strasbourg, confirme ce constat. « Le premier confinement a entraîné un surcroît d’activité. Nous avons multiplié notre chiffre d’affaires par quatre. Nous avons reçu énormément de commandes en drive avec 300 clients par jour. Nous avons dû limiter cette demande pour tenir en matière de logistique. » Cette croissance soudaine s’explique également par les fermetures des marchés et le fait que « les personnes étaient confinées à leur domicile avec leur famille pour trois repas par jour.

Pour le maraîcher, cette évolution vers la consommation locale était déjà présente avant le confinement. Celui-ci n’a fait qu’accélérer le phénomène. “C’est un travail de fond qui commence à porter ses fruits maintenant. Il y a une prise de conscience globale du consommateur. Nos habitudes changeront sur le long terme.”


Une autre consommation :


Le confinement a également mis en exergue d’autres modes de consommation. “Le marché de seconde main ne s’est jamais aussi bien comporté. Le succès de l’application de seconde main Vinted peut en témoigner. Depuis le mois de février, il y a une hausse de 17% d’articles mis en vente sur l’application”, explique Marine Cambefort. Des rayons de seconde main ont également émergé dans de grandes enseignes.

Ce “contournement de la consommation” s’est également illustré à travers plusieurs tendances fortes comme le don, le troc, la réparation, le recyclage et le bricolage. Cette prise de conscience se retrouve aussi bien chez les consommateurs que les vendeurs. 

Sébastien Vogel, fondateur et dirigeant de jereparemonbagage.com, société de réparation et recyclage de valises, peut en témoigner. Les confinements et les restrictions de mobilité ont stoppé net la vente de valises. Les fabricants et importateurs de valises ont alors eu une véritable remise en question de leurs stocks d’invendus. L’entreprise de Sébastien Vogel a été sursollicitée pour la récupération de pièces détachées et de valises. En 3 semaines, la société a ainsi récupéré 76 palettes de pièces détachées. “Le confinement a bouleversé le business plan des vendeurs de valises. Ils portent aujourd’hui un fort intérêt à nos activités de récupération et de recyclage.” 

Le confinement a également eu un impact direct sur les activités de l’entreprise. “La réparation de poussettes qui était une activité mineure a pris une importance prépondérante.”  ereparemonbagage.com a également contribué à la production de visières pour le personnel médical et professionnel avec ses imprimantes 3D. Cette diversification a permis à la société d'accroître sa notoriété. “Nous recevons une nouvelle clientèle adepte d’une consommation responsable. Lors de ce second confinement, de nombreux clients viennent nous voir pour réparer leurs valises en vue du déconfinement. Ils se rendent compte qu’il est possible de réparer sa valise ou de s’en séparer d’une manière propre.”


Une tendance durable ?


Derrière ces nouvelles habitudes se pose la question de leur durabilité. Vont-elles disparaître avec la fin de la crise sanitaire ? Certains phénomènes liés au premier confinement se sont déjà estompés comme le surstockage des biens. “La frénésie de certains comportements observée lors du premier confinement n’existe plus au deuxième confinement. Il y a une confiance dans le système”, analyse Said Bindou.

Pour Widiane Ferchakhi, enseignante-chercheuse à l’UHA, “les tendances de consommation (durable, bio, local) ne sont pas nouvelles, mais ont été renforcées” pendant le confinement.  L’ensemble des intervenants s’accordent sur le fait que certaines habitudes vont perdurer après le confinement. Selon Geoffrey Andna, c’est également à l’offre de s’adapter pour faire adhérer sur le long terme “les nouveaux adeptes”. 

Pour Said Bindou, ces “nouveaux comportements” étaient déjà sous-jacents avant le confinement. “Nous n’avons fait que gagner 4 à 5 années”, conclut-il.
Aller plus loin :

Cette table ronde fait partie d’un cycle de conférences “Décrypter pour analyser le monde d’après” organisé par l’EM Strasbourg, la marque Alsace et l’Adira.

Les prochaines conférences du cycle :
  • Le 2 février 2021 : Les enjeux économiques de la crise du Covid
    Conférence conçue et présentée par Laurent Weill, Professeur des universités en économie - EM Strasbourg – Université de Strasbourg, Head of LaRGE Research Center
  • Le 1er avril 2021 : La nécessité de voir loin et large en temps de crise.
    L’industrie risque-t-elle d’être ubérisée en 2030 ? Résultats d’une étude prospective menée par l’Observatoire des futurs.
    Conférence conçue et coordonnée par Jean-Philippe Bootz, Maître de conférences, Responsable de l’Observatoire des futurs, porteur de la Chaire Management des connaissances - EM Strasbourg
Pour toutes les personnes ayant pour objectif de tendre leur modèle economique vers la numérisation et la mise en place du Click & Collect, Le lien suivant recense tous les dispositifs à jour :  https://www.art-grandest.fr/strongtogether/aides-dispositifs-accompagnement/aides-subventions/aides-numerisation-click-and-collect/

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