Avis d'expert | Le Quick Response Manufacturing, ou l’agilité comme avantage concurrentiel

Analyse

La vitesse, l’adaptabilité, voilà les véritables facteurs de différenciation d’une organisation au 21e siècle, affirme Dominique Andreux. Radicalement novateur en France, le management par le Quick Response Manufacturing consacre le temps comme unité fondamentale d’une stratégie globale, et balaie le principe de compétition par les coûts, vestige d’un autre âge. « Faites du temps votre allié », enjoint le président de Quick Response Enterprise, expert invité de la conférence du 2 octobre.

 

Le Quick Response Manufacturing

La méthode QRM vise la réduction significative des délais internes et externes à l’entreprise, « de l’ordre de 75 à 90 %, voire davantage ».
Les incidences s’imposent rapidement après la mise en place : suppression des «gaspillages » et flux inutiles, augmentation de la qualité et de la productivité, baisse des frais généraux, accroissement des ventes et plus-value concurrentielle.

 

Pour quelles entreprises ?

« Le QRM est particulièrement indiqué dans le cas de marchés à forte variabilité et/ou à des productions en petites séries. » Pour autant, il n’est pas dédié à la production. « Il peut s’appliquer à toutes les organisations comme aux différentes fonctions de l’entreprise, dès lors qu’existe un processus. Démarches de projets, qualité, flux financiers, réclamations clients… »

 

Comment ça marche ?

Le QRM se concentre sur le temps utile des processus de l’entreprise. Son premier outil, le Manufacturing critical-path time (MCT) permet d’en dresser la cartographie. Ainsi, la durée en temps calendaire entre la création d’une commande et la livraison de la première pièce.
Choc garanti : « Le temps utile représente seulement 5 % du délai total »…

 

Sur le périmètre à corriger, une organisation en cellules QRM

À l’organisation fonctionnelle, la méthode QRM préfère la cellule, «ensemble de ressources dédiées, au même endroit, et multifonctionnelle » concentrée sur un segment de la production ou du process. Réflexion et déploiement sont collaboratifs, autonomie et polyvalence sont de mise.

 

Où en est le QRM ?

Le Quick Response Manufacturing est déployé dans quelque 300 entreprises au total, parmi lesquelles 84 en Europe. Initialement privilégié par des activités industrielles qui s’éloignaient de la production de masse (textile notamment), il a ensuite trouvé sa place dans les services et la recherche.

 

QRM versus Lean ?

Le QRM ne s’oppose ni se substitue au Lean management, il le complète. Y compris sur un même site, tant leur combinaison peut s’avérer opportune : « Sur des process continus, le Lean dispose d’outils pertinents, mais en amont ou en aval, pourquoi se priver du QRM ? »

 

La preuve par l’exemple

Chez Mecabor, première entreprise française à l’adopter en mai 2014, « le QRM a d’abord été envisagé dans une perspective commerciale, comme le moyen d’offrir des délais courts pour accroître notre compétitivité », témoigne Lye Cortegoso. La réduction des coûts est un corollaire, poursuit-elle. Mecabor fabrique des blocs hydrauliques, une production complexe en raison d’une forte variabilité des pièces usinées, « de 500 grammes à 5 tonnes », et des quantités, de l’unité à la petite série. «L’aspect collaboratif d’un tel projet est essentiel. C’est unificateur pour l’entreprise, cela nous donne du punch après des années de crise. »

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