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Des bulles aux krachs, le comportement parfois irrationnel des agents économiques

Publié le 8 février 2018, Mis à jour le 8 février 2018

La recherche académique est l’une des spécificités de l’EM Strasbourg Business School. Composante de l’Université de Strasbourg, l’école peut ainsi s’appuyer sur ses propres laboratoires de recherche (HuManiS en management et LaRGE en finance) et accueillir des doctorants. Voici un exemple de travaux de recherche mené par Patrick Roger, enseignant-chercheur du laboratoire LaRGE.

Le travail de Patrick Roger, co-responsable de la chaire de finance comportementale au sein du LaRGE, s’inscrit dans un courant de pensée qui veut que les agents économiques sont des homo sapiens avant d’être des homo oeconomicus parfaitement rationnels. Cette hypothèse a été reconnue récemment par l’attribution du Prix Nobel d’Economie à l’Américain Richard Thaler, théoricien de la finance comportementale.

Le lien avec la situation actuelle des marchés est évident, rappelle Patrick Roger : « Une grande partie des gérants dit aujourd’hui que les actions sont surévaluées. Mais, paradoxalement, une bonne partie de ceux-ci est convaincue que les prix vont continuer à monter. Cette situation est analogue à celle qui prévalait en 2000 avant l’explosion de la bulle internet ». Derrière ce constat, Patrick Roger entend démontrer que ce sont les croyances et les comportements parfois irrationnels des agents économiques qui sont en cause dans les phénomènes macroéconomiques mondiaux.

« Pourquoi y-a-t-il des bulles ? », interroge l’enseignant-chercheur, « parce que quand on investit et qu’on y gagne, on pense contrôler, voire dominer, le risque. Dès lors, les croyances des investisseurs relatives aux scénarios à venir se modifient en fonction de leurs performances passées. » Un sentiment – erroné - de persistance de la performance conduit les investisseurs à abonder des fonds qui ont bien performé dans un passé récent. « Ce comportement s’appuie sur l’idée que ce qui s’est passé récemment va se répéter ; on observe d’ailleurs une proportion d’investisseurs optimistes qui augmente avec la performance récente de l’indice (De Bondt, International Journal of Forecasting, 1993), sans justification concrète de cette évolution des croyances. »

Krach, à quand le jour J ?


Ce raisonnement des investisseurs porte en lui-même les germes du krach ou de la « correction brutale ». Il est en revanche impossible de prévoir le jour J. Il y a, à ce sujet encore, quelque chose d’irrationnel dans le déclenchement d’un krach : « En général, les krachs boursiers interviennent sans qu’il y ait auparavant des informations particulières susceptibles de les déclencher, et cela vient d’un seul coup » souligne Patrick Roger. Un krach est ensuite alimenté par le comportement moutonnier des investisseurs qui s’exprime de la même façon que lors des périodes de forte progression du marché.

« Ainsi, lorsqu’on étudie le marché américain du début du 20ème siècle à nos jours, on distingue clairement des cycles composés de hausses très significatives suivies de chutes spectaculaires », explique Patrick Roger. Entre les lignes, il faut comprendre que la hausse du marché constatée depuis quelques années doit inévitablement se terminer par une chute brutale… avant un redécollage à un horizon inconnu.

Décidément, l’histoire tend à se répéter et la recherche doit permettre d’apprendre des erreurs passées. « À condition de prendre pleinement en compte les imperfections des êtres humains en matière financière » conclut Patrick Roger.
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