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Trump, économiquement inclassable

Publié le 9 novembre 2016, Mis à jour le 10 novembre 2016

L’élection de Donald Trump n’interpelle pas seulement par ses conséquences politiques notamment sur les relations entre les Etats-Unis et les autres pays, ou intérieures en raison de ses propos sur les minorités. Elle peut aussi représenter un tournant économique important, en particulier pour la politique commerciale américaine.

De manière très incongrue, certains observateurs qui n’ont pas lu son programme ou ne comprennent pas le sens des mots qu’ils emploient estiment que le programme économique de Donald Trump est ultra-libéral.

Non.

Il est un mélange de mesures très libérales et de mesures très anti-libérales.

Les mesures très libérales concernent la réduction des impôts. Il veut fortement baisser l’impôt sur le revenu payé par les Américains dont le taux marginal le plus élevé devrait être abaissé de 39,6% à 33%, ainsi que l’impôt sur les bénéfices payés par les entreprises américaines qui devrait passer de 35% à 15%. Elles concernent aussi ses vues sur la régulation financière. Trump souhaite revenir sur les nouvelles réglementations mises en place après la crise financière pour prévenir les risques pris par les banques. Elles incluent en fait sa volonté de supprimer la loi sur l’assurance-maladie « Obamacare ».

Mais à côté de ces mesures libérales, Trump souhaite également appliquer des mesures absolument anti-libérales avec un grand programme de dépenses publiques et surtout son agenda protectionniste. Rappelons que le libéralisme repose sur le laisser-faire et plus généralement sur l’absence d’intervention de l’Etat dans l’économie sous la forme de dépenses publiques ou de réglementations.

En ce qui concerne les dépenses publiques, Trump veut mettre en place un grand programme d’investissement dans les infrastructures. Un tel programme s’apparente à une politique de relance keynésienne et est loin du désengagement de l’Etat dans l’économie souhaité par les (vrais) ultra-libéraux.

Surtout l’un des points (le seul ?) où Trump a toujours avancé la même position est le protectionnisme. Il souhaite mettre en place des droits de douane très élevés sur les produits chinois et mexicains. Il a annoncé la fin des grands accords commerciaux avec la renégociation du traité actuel de l’ALENA avec le Canada et le Mexique, et la sortie du partenariat transpacifique avec les pays asiatiques.

Le traité transatlantique TAFTA qui suscite une fronde auprès de certains européens a de bonnes chances d’être abandonné dans de telles conditions mais pas sous la pression des opposants européens au libre-échange : à l’initiative du Président Trump.

En d’autres termes, ses velléités protectionnistes l’apparentent sur notre échiquier politique à Marine Le Pen, mais aussi à Arnaud Montebourg ou Jean-Luc Mélenchon, alors que Trump s’oppose aux deux derniers sur la régulation financière ou l’assurance-maladie qu’il souhaite enlever. Bref, le programme économique de Trump n’est ni ultra-libéral, ni anti-libéral, il est à son image.

Inclassable.

Laurent Weill, Professeur des Universités
EM Strasbourg
Université de Strasbourg
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À propos de l'auteur

Laurent Weill
Professeur agrégé des Universités en sciences économiques

Directeur du LaRGE

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