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Développement durable, Éthique

La RSO sans frontières: l’exception allemande

Publié le 8 avril 2015, Mis à jour le 12 octobre 2015

Lors de la conférence d’ouverture du XIIe congrès ADERSE qui se tenait à l’EM Strasbourg en mars, chercheurs et entreprises se sont réunis pour évoquer la manière dont l’Allemagne applique la RSO.

« Éthique, Environnement et Éco-efficacité » sont les piliers du concept 3E développé par le groupe Hager, entreprise familiale allemande devenue multinationale, explique Denis Munch, son directeur du développement durable. « De l’Asie à l’Amérique du Sud en passant par l’Europe et l’Afrique, notre stratégie bottom-up fonctionne par capillarité et le concept est dupliqué d’un pays à l’autre, en dépit des appartenances culturelles, juridiques ou éthiques de chaque pays. »

L’Allemagne : un engagement volontariste


« Aujourd’hui, le modèle de développement rhénan semble s’imposer comme celui de la réussite », développe Mélanie Czepick, chargée de mission reporting RSO à l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises. « L’Allemagne s’est progressivement investie dans une démarche ambitieuse : adoption d’un Code de développement durable, instauration d’un quota de 30% de femmes aux postes clés des grandes entreprises, lancement d’une campagne de communication… » poursuit-elle.

Ce volontarisme allemand n’a pourtant rien d’une évidence. Le pays s’est en effet inscrit en marge de la démarche RSO, fuyant autant que possible son caractère réglementaire. « L’Allemagne a ainsi refusé de ratifier l’intégralité de la charte sociale européenne de 1961 portant sur le droit du travail, la rémunération, les discriminations…», souligne Karl-Friedrich Bopp, chef de division au service de la charte européenne au Conseil de l’Europe.

« En intégrant la notion de responsabilité sociale dans sa constitution nationale, l’Allemagne se dégage implicitement de toute obligation envers la réglementation européenne », analyse Enrico Prinz, enseignant-chercheur à l’EM Strasbourg et responsable du master European management studies.

Comment alors expliquer les avancées constatées en Allemagne ?


« Est-ce qu’on peut supposer que l’économie sociale de marché, la cogestion des salariés en entreprise et la sortie du nucléaire permet finalement à l’Allemagne de se soustraire aux obligations d’une charte sociale européenne ? » s’interroge Pia Imbs, enseignant-chercheur à l’EM Strasbourg et directrice de l’Executive MBA Développement durable.

Pour Denis Munch, « en Allemagne, on ne parle pas de RSO mais de Nachhaltigkeit, c'est-à-dire de développement durable dans toute son expression tridimensionnelle : sociétale, éthique et écologique. D’emblée, c’est moins rébarbatif et moins normatif que la conception française de la RSO »

Un nouveau défi à appréhender


Pour autant, l’avance de l’Allemagne en matière de développement durable doit être relativisée : seules 80 entreprises suivent le Code allemand et la place des femmes reste très minoritaire au sein des conseils d’administration. D’autre part, la France et l’Allemagne ne parviennent pas à harmoniser leurs pratiques en matière d’application de la RSO. L’hexagone s’en tient à un cadre réglementaire difficile à mettre en œuvre au quotidien, tandis que les allemands tentent de tracer leur propre voie. Les deux pays doivent à présent trouver les bases d’une pratique commune.


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Le congrès Aderse

Impliquée sur les sujets d’éthique par la recherche, la pédagogie et l’impact qu’elle peut avoir sur la société, l’EM Strasbourg s’est dotée d’un laboratoire de recherche baptisé Humanis — comme Humans and Management in Society.

Immergé dans les préoccupations de la société, le laboratoire a à cœur de lier ses recherches à ses activités. C’est dans cet esprit que l’école accueillait en mars 2015 le XIIe congrès ADERSE.

Conformément à sa vocation, l’ADERSE pose la question de la responsabilité sociale de l’entreprise en mettant en lien recherche et enseignement. La RSO, dans sa configuration tridimensionnelle y était évoquée : économique, sociale et environnementale.

  • ADERSE : Association pour le Développement de l’Enseignement et de la Recherche sur la Responsabilité Sociale de l’Entreprise.

Le Développement durable chez Hager


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