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Actus du management

Isabelle Autissier : se fixer un objectif, y croire et croire en soi

Publié le 28 octobre 2015, Mis à jour le 5 novembre 2015

Navigatrice, première femme à réaliser un tour du monde en solitaire en 1991, Isabelle Autissier est aujourd’hui présidente du WWF France et écrivain. Elle était l’invitée de l’EM Strasbourg le 20 octobre dernier et y a donné une conférence intitulée « Quand le manager se jette à l'eau ! Explorer des territoires inconnus, changer de cap, se dépasser et embarquer une équipe ». Interview.

Votre parcours débute avec des études scientifiques, s’embarque vers le grand large, passe aujourd’hui par l’engagement sociétal au sein du World Wildlife Fund (WWF) et l’écriture… Faut-il être éclectique pour réussir sa vie ?
Je n’ai pas d’injonction à formuler mais c’est le cas en ce qui me concerne. Je suis d’une nature positive, animée par une curiosité insatiable qui me pousse toujours à aller voir ailleurs. Cela m’a menée à vivre des choses assez différentes, c’est vrai.

La compétition est-elle un moteur pour avancer ?
J’y suis venue par étapes. J’ai d’abord fait mes premières armes sur le bateau familial avant de m’en construire un moi-même, de prendre une année sabbatique et de me lancer dans ma première transat. Et puis un jour je me suis intéressée à la course, j’ai eu envie de voir ce que c’était. Je me suis inscrite pour « vivre ça », ça m’a plu, j’ai continué.

Avec le succès à la clé…
Le succès c’est la cerise sur le gâteau. Ce qui est intéressant c’est tout ce qu’il faut inventer et développer pour faire la course. Imaginer et construire le bateau, apprendre la météo, vivre les moments en mer… Tout ce qu’on a mis en œuvre pour faire la course. J’imagine que cette question se pose différemment dans le monde de l’entreprise où le résultat prime parfois sur les moyens.

Que faut-il avoir en soi pour « porter un projet » ?

Rêver très fort. Se fixer un objectif, y croire et croire en soi. Savoir que si ça ne marche pas, ce n’est pas grave, personne ne va vous couper la tête. Et puis… bosser ! J’ai toujours avancé sans me mettre de barrières. L’imagination doit toujours être au pouvoir.

Comment manage-t-on une équipe dans ce cadre ?
Il s’agit de réunir des compétences et des connaissances afin de construire tant un équipage qu’une équipe à terre. Une course, fut-elle en solitaire, reste une aventure collective, avec à la base, un travail d’équipe animé d’une relation très forte. Pour y parvenir, il faut prendre la mesure de ce que, soi-même, on est – ou pas – capable de faire. Mon rôle, en tant que chef de projet ou chef de bord, c’est de faire en sorte que les gens autour de moi aient de bonnes conditions pour travailler et exprimer ce qu’ils ont en eux. Il faut aussi que chacun ressente à terme un vrai plaisir, une vraie fierté. Mon envie à moi c’est la course, pour certains ce sera d’inventer le gréement le plus intelligent possible, l’informatique la plus efficace…

« Changer de cap » voire « abandonner » est-ce parfois indispensable ?
C’est simple pour les marins car c’est la nature qui guide les stratégies. Nul n’a de prise sur les vents ou les vagues… Abandonner en mer est une preuve d’intelligence. Reste qu’il est essentiel d’anticiper de manière à aller le plus loin possible. Je ne m’embarquerais pas pour le Cap Horn avec n’importe quel bateau, n’importe quel équipage…

Le développement durable est une des trois valeurs  de l’EM Strasbourg, cette dimension sera-t-elle essentielle dans l’entreprise de demain ?
L’entreprise n’existera pas si elle ne l’intègre pas. Nous vivons sur une planète incroyable, nous en avons bénéficié en utilisant les espaces, les espèces, les ressources… et nous nous sommes rendus compte que nous les gaspillons et les détruisons.  Si les individus, les sociétés et les entreprises ne réorientent pas leur mode de développement, ça va faire mal, très mal. Le WWF dont je suis la présidente pour la France est de plus en plus sollicité par les entreprises. C’est très nouveau.

C’est donc un monde inédit qui attend les étudiants de l’EM Strasbourg…
Je les envie. J’aimerais avoir leur âge et découvrir la fin du match. Ce ne sera pas le cas mais j’en verrai les orientations. Les 20 ou 30 prochaines années vont être décisives, ils en seront partie prenante. Ce sera compliqué mais passionnant.

Crédits photo © Manuel Braun - 2013




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