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Hubert Auriol, « On ne gagne jamais seul »

Publié le 4 avril 2016, Mis à jour le 5 avril 2016

Triple vainqueur du rallye Paris-Dakar en moto et auto, Hubert Auriol a dirigé cet événement sportif pendant dix ans. Il était l’invité de l’EM Strasbourg, le 31 mars dernier pour une journée d’échanges avec les étudiants de l’école et dirigeants régionaux. Rencontre.

De quoi rêviez-vous enfant ? De faire la course en tête ?

J’avais en moi l’envie de gagner. Tout était matière à compétition, pédaler à toutes forces pour arriver le premier à l’école par exemple. C’était une façon d’être, mais je n’imaginais pas construire ma vie sur le sport automobile même si j’ai très vite été eu le goût du déplacement.

Quand est apparu votre goût du voyage ?

Lors de mes études en sciences-éco à Nanterre, nous nous étions promis à quelques uns de faire un voyage avant de commencer à bosser. Mais l’un s’est marié, l’autre a déménagé… Et moi j’ai très vite trouvé du travail comme commercial dans une entreprise textile de Mulhouse. Ce projet de voyage a été reporté d’année en année jusqu’à ce que je rencontre Thierry Sabine en 1978.

Thierry Sabine, qui vous a parlé du Paris-Dakar…

Tout à fait. J’ai trouvé que le projet était génial et… dans mes moyens. A 25 ans, le monde est à vous, il ne faut pas lui tourner le dos. « Si tu n’y vas pas, tu ne partiras jamais », me suis-je dit et je me suis lancé après avoir démissionné de mon travail, ce qui était totalement déraisonnable.

Que vous a apporté cette première course ?

La performance n’était pas encore au rendez-vous, j’ai dû abandonner. Mais je m’étais bien défendu et, une fois rentré à Paris – un peu fauché – j’ai réalisé que j’avais rencontré la vie que j’aimais. J’étais subjugué, je ne pensais plus qu’à repartir.


Et vous avez effectivement renouvellé l'aventure du Paris-Dakar.

BMW m’a contacté pour l’édition de 1980. Une chance extraordinaire que j’ai gâchée en embarquant ma moto dans un taxi-brousse pour rejoindre la ligne d’arrivée après une panne. J’ai été disqualifié et je m’en suis voulu à mort. L’année suivante cependant, BMW m’a rappelé et je suis reparti en ayant appris de mes erreurs. J’ai gagné l’édition 1981. L’affront que je m’étais fait à moi-même était lavé et augurait une longue histoire marquée notamment par une deuxième victoire en 1983.

Apprendre de ses erreurs, c’est essentiel ?

Oui, la leçon m’a donné le sens des responsabilités, j’ai mûri. Ce qu’il faut faire c’est réagir pour que cela ne se produise plus.

De pilote de moto vous êtes passé à la voiture. Dans quelles circonstances s’est fait ce changement ?

J’ai eu les deux chevilles cassées dans un accident sur le Dakar 1987. Poursuivre la compétition à moto était exclu, mais il m’était tout aussi impossible d’envisager de reprendre mon ancien métier. La voiture est alors apparue comme le seul objectif à la hauteur de mes attentes. J’ai beaucoup travaillé, j’ai pleuré, je me suis posé plein de questions mais au bout de quelques années j’ai gagné une course majeure ce qui m’a permis de convaincre Mitsubishi pour le Dakar 1992. On a gagné !


Comment êtes-vous passé de concurrent à organisateur du rallye ?

A la suite d’une proposition de Jean-Claude Killy, un sportif que j’admire beaucoup. Tout d’abord interloqué, je me suis dit que l’expérience ne pouvait qu’être enrichissante. Un nouveau métier, ça me tentait ! Je m’y suis consacré pendant dix ans, de 1992 à 2002.


Qu’avez vous appris en prenant les rênes d’une entreprise ?

Principalement, le fait qu’une entreprise n’est pas un jouet. Elle doit être bénéficiaire.

Quels sont les points communs entre compétition sportive et entreprise ?

Dans les deux cas, on ne gagne jamais seul. Ceci dit, gagner n’est pas une finalité en soi, ce qui compte c’est de continuer à gagner. Ma fierté c’est d’avoir réussi à durer.

Quel est regard portez-vous sur le management ? Aussi bien dans la compétition que dans l’entreprise ?

Mes études commerciales m’ont aidé dans ces deux métiers. Elles m’ont donné des notions d’organisation, j’ai appris à « travailler » un client, à trouver des sponsors et à mesurer la responsabilité qu’impliquait leur confiance. Il faut apporter quelque chose à ceux qui avancent de l’argent. Cela m’a permis de mesurer l’importance de monter une équipe. Nous étions cinq pilotes à porter la marque, si l’un était contraint à l’abandon, un autre pouvait prendre la relève. Une manière de sécuriser l’investissement.

Parlez-nous de vos projets en cours.

La « 80 Days Race » dont le départ devrait être lancé en janvier 2018. La Ville de Paris a déjà donné son accord pour être la ville de départ et d’arrivée de cette course-hommage à Jules Verne. Il s’agira d’un tour du monde en 80 jours mais cette fois sans énergies fossiles. Nous vivons un changement technologique important qui impliquera notamment une révolution de la mobilité. Cette course a pour ambition de démontrer qu’à l’avenir nous vivront des événements sportifs aussi extraordinaires que le Paris-Dakar.

Pas de nostalgie ?

Surtout pas. Ce qui est formidable c’est d’avoir des projets. Les jeunes de 25 ans ont aujourd’hui d’autres rêves que ceux qui étaient les nôtres, il faut qu’ils puissent les concrétiser. « Dommage » est pour moi un mot qui n’existe pas. Ce qui compte c’est « demain ».
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