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Financement de l’officine : une équation économique en plein bouleversement

Publié le 2 juin 2016, Mis à jour le 2 juin 2016

Accélérées par la crise économique, les départs à la retraite de titulaires et les investissements dictés par l’évolution du métier, les mutations du monde officinal imposent plus que jamais de veiller au prix d’acquisition du commerce et de trouver des montages financiers innovants.

La quadrature du cercle trouve aussi son terrain d’expression dans la pharmacie d’officine. D’un côté, des titulaires proches de la retraite qui veulent réaliser leur patrimoine en cédant leur officine à des prix oscillant entre 70% et 90% du chiffre d’affaires. De l’autre, des jeunes diplômés désireux de s’installer, mais contraints par les banques d’apporter entre 10 et 20% du montant de l’acquisition. « Soit des sommes, difficiles à réunir, qui atteignent au bas mot 150.000 euros », regrette Marie Henry, responsable de l'EMBA Management et stratégie de l’officine de l’EM Strasbourg. Résultat, une pharmacie ferme tous les deux jours en France, même s’il faut nuancer ce constat qui intègre aussi des officines sur le déclin, « condamnées » par des emplacements désavantageux ou un manque notoire d’investissements. « Certaines pharmacies ne se vendent plus, même à 50% de leur chiffre », confirme Pierre Bury, président d’IFMO-Qualipharm.

Des prix de cession plus raisonnables

Les prix de cession se sont pourtant contractés ces dernières années et la période où l’on devait débourser 100%, parfois plus, du chiffre d’affaires pour devenir titulaire, n’est plus d’actualité. Ce qui ne va d’ailleurs pas sans poser des problèmes à ceux qui, il y a 5 ou 10 ans, se sont fortement endettés pour acheter au prix fort leur établissement, alors que le chiffre d’affaires s’est légèrement infléchi depuis. « Sur la période 2002-2008, nous avons observé une hausse des prix de 39% alors que la rentabilité des affaires, qui détermine la capacité de remboursement, n’avait progressé, elle, que de 12% », dénonce Dominique Masson, directeur régional Est d’Interfimo, « au final on constate que le prix moyen de rachat est retombé à 6,2 fois l’excédent brut d’exploitation, contre un pic de 8,7 en 2008 ».

En réintégrant le paramètre rentabilité dans les calculs de cession, le marché a donc fait un choix raisonnable du point de vue économique qui permet de contenir à 12 ans, durée idéale selon lui, la durée de remboursement. Qui plus est à des taux très attractifs. Et de construire sereinement des solutions de financement pour reprendre, ou de refinancement pour investir dans des structures qui doivent s’adapter à la réalité économique de la pharmacie d’aujourd’hui et répondre aux attentes du marché : plus de service, de conseil et… de rapidité !

SEL ou rachat temporaire d’actifs

Dans ce contexte, des solutions émergent pour accompagner les jeunes pharmaciens. Une première consiste en l’établissement de Sociétés d’exercice libéral (SEL). Détenues par des Sociétés de participation financière de professions libérales (SPFPL), elles permettent d’ouvrir le capital de l’entreprise à des pharmaciens diplômés et d’optimiser, du point de vue fiscal, les résultats de l’officine et donc d’améliorer sa capacité de remboursement. Ce mécanisme séduit aujourd’hui 90% des acquéreurs.

Acteur majeur du secteur, le cabinet Michel Simond propose de conseiller les entrepreneurs tout au long du processus d’acquisition. « Notre rôle, lors d’une transmission d’entreprise, est d’accompagner la négociation entre acquéreurs et vendeurs, d’imaginer avec eux des solutions, par exemple de garantie de passif ou de financement, facilitant cette étape essentielle », appuie Frédéric Maliesky, représentant l’antenne strasbourgeoise du cabinet.

Une autre solution réside dans l’offre proposée par le fonds d’intervention d’origine alsacienne Capital Initiative, qui a décliné pour les pharmaciens ce qu’il pratique depuis plusieurs années pour les PME : le rachat temporaire d’actif (mobilier, immobilier…). Ce dispositif permet réduire l’apport demandé par les banques, facilitant ainsi l'installation des jeunes pharmaciens. Dans le cas des pharmacies, cela peut constituer un apport immédiat de trésorerie, jusqu’à 200 000 euros. Une somme non négligeable qui peut servir à financer des travaux de modernisation ou à soutenir une trésorerie mise à mal par des échéances de remboursements temporairement trop lourdes à assumer. Un fonds que son fondateur, René Hans, verrait bien abondé par d’anciens pharmaciens qui soutiendraient ainsi la relève…



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Les participants

  • Marie Henry, responsable de l’EMBA Management et stratégie de l’officine de l’EM Strasbourg
  • Dominique Masson, directeur régional Est Interfimo
  • Thierry Cordier, responsable Alsace Interfimo
  • Pierre Bury, président IFMO
  • René Hans, président de Capital Initiative
  • Frédéric Maliesky, Cabinet Michel Simond Alsace

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