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Éthique

Fin de vie : quelle place pour un management éthique ?

Publié le 17 octobre 2014, Mis à jour le 30 avril 2015

Lors de la Journée de l’éthique 2014 à l’EM Strasbourg, ce questionnement délicat a donné lieu à une conférence d’exception. Réunis pour en parler : plusieurs médecins et universitaires ainsi qu’une pasteure. De quels outils dispose-t-on pour communiquer avec le patient en fin de vie et sa famille ? Quelles sont les spécificités du management des organisations de santé, lorsqu’elles sont au plus près de leurs attentes et besoins ? Qui sont les garants d’une pratique médicale éthique ? Quelques instants choisis…

D’abord, restaurer les mots

« Nous avons oublié notre condition de mortels, de fait nous oublions que nous sommes vivants. Dans les hôpitaux aussi, nous avons éludé la mort. » Gériatre, fondateur puis chef du pôle de soins palliatifs du CHU de Reims, médecin et manager, Éric Kariger parle d’expérience.
Nous éludons la mort, au point de ne plus la nommer… « Fin de vie est un euphémisme, s’exclame Yann-Hervé Martin, on est vivant ou on ne l’est
pas ! »

« La fin de vie suscite-t-elle un questionnement éthique particulier ? », s’interroge le philosophe. Oui, parce qu’elle nous confronte à l’homme dans sa plus grande vulnérabilité. Oui, parce qu’elle nous approche de l’expérience la plus mystérieuse, de l’effroi de la mort. C’est ce qu’accomplit Annette Goll au jour le jour, en se faisant précisément toute petite, « débutante à chaque rencontre », pour tenter « de donner les mots » au patient, à ses proches si souvent mutiques, pour relier « horizontaux et verticaux », les allongés et les autres, soignants y compris. « Même les phrases toutes faites sont préférables au silence. »

Favoriser la gestion humaine des ressources…

Eric Kariger

… plutôt que la GRH, suggère Éric Kariger, au moyen de plusieurs axes d’amélioration « et surtout de prévention »  que les collaborateurs des organisations de santé devraient utilement partager  :
- la clarté des principes : une morale sociale et déontologique,
- l’affaire de tous,
- l’expertise de chacun,
- la clarté des rôles, ceux des professionnels, des proches, des bénévoles,
- un patient, ou client, ou résident placé au cœur de l’organisation.

Collectivement, cela exige collaboration, coordination, réflexion pluridisciplinaire : « Travailler ensemble, penser ensemble, en n’oubliant jamais le malade. »

Et promouvoir l’éthique médicale

L’éthique médicale relève de plusieurs aspects, indique Jean-Gustave Hentz, au premier rang desquels 4 piliers : autonomie du patient, bienveillance, non malveillance, équité ou justice distributive. Textes à l’appui, la loi Kouchner de 2002, et surtout la loi Leonetti de 2005. Loi magnifique selon Éric Kariger, hélas insuffisamment connue de l’avis de Jean-Gustave Hentz. L’un et l’autre insistent sur l’impérieuse nécessité de respecter chaque patient dans sa singularité. « Le médecin en est le garant, dans un cadre fixé par la loi. Il engage sa responsabilité éthique et pénale tous les jours », dit  Éric Kariger, qui conclut : « Seul le manager vertueux mérite le qualificatif d’éthique. Un comportement éthique est par essence désintéressé. »

Pour aller plus loin

TéléchargerVerbatim de la conférence "Ethique et fin de vie : développer un management des organisations en phase avec les besoins et attentes des patients et de leur famille ?"(pdf)



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Les intervenants

  • Thierry Nobre, directeur de la recherche à l’EM Strasbourg, directeur du laboratoire Humanis et responsable de l’EMBA Management hospitalier et des structures de santé.
Thierry Nobre
  • Éric Kariger, médecin gériatre, directeur médical et éthique au sein du groupe Maisons de Famille, diplômé de l'EMBA Management hospitalier de l'EM Strasbourg.
  • Yann-Hervé Martin, agrégé de philosophie et enseignant en classe préparatoire.
  • Annette Goll, pasteure à l’établissement des Diaconesses à Strasbourg.
  • Jean-Gustave Hentz, praticien hospitalier, anesthésiste réanimateur au CHU de Strasbourg.

"On  meurt mal dans nos hôpitaux"

572 000 décès en 2013, dont 76 % à l’hôpital ou en Ehpad [établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes] et le constat qui heurte : «Deux tiers des Français en fin de vie nécessitent des soins palliatifs, seule la moitié en bénéficie », expose Jean-Gustave Hentz, avant d’évoquer crûment la disparité des moyens et l’indigence de l’enseignement de la médecine palliative.

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