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Finance, Gestion

Économie iranienne : réalités et paradoxes

Publié le 30 mars 2017, Mis à jour le 30 mars 2017

À l’occasion de la Quinzaine culturelle iranienne (du 13 au 26 mars derniers), l’EM Strasbourg et l’association Strass’Iran ont accueilli une conférence sur l’économie de ce pays avec Fereydoon Khavand, spécialiste des relations commerciales internationales et Thierry Coville, chercheur à l’IRIS et professeur à Novancia, spécialiste de l’Iran. Entre ouverture et embargo, conservatisme et réformisme, ce marché de 80 millions d’habitants souffle le chaud et le froid.

Ce 14 juillet 2015 devait être le début d’une nouvelle histoire entre l’Iran et les pays occidentaux. L’accord sur le nucléaire iranien obtenu ce jour-là à Vienne, en Autriche, devait signifier, à compter du 1er janvier 2016, un apaisement des tensions géopolitiques internationales et la levée des sanctions économiques qui pesaient sur une partie de ce marché de 80 millions d’habitants et notamment sur ses exportations de pétrole et de gaz. « Il y avait à l’époque un grand optimisme autour de cet accord », explique l’économiste Fereydoon Khavand, spécialiste des relations commerciales internationales, « les Iraniens ont investi en Bourse, dans l’immobilier… L’espoir était grand à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ».

Un accord en demi-teinte


Aujourd’hui, cette euphorie est retombée. « Parce que finalement, cet accord n’a pas eu l’impact espéré sur la vie quotidienne des Iraniens », poursuit-il, « notamment car les Etats-Unis ont œuvré pour limiter son application ». Mais ce n’est pas la seule explication : « Il y a également des blocages internes au système iranien : conflits entre les conservateurs et les réformateurs, priorité donnée par certains à la cause idéologique plutôt qu’économique, freins de certains acteurs économiques dont l’activité bénéficiait de cette fermeture… » Il résume ainsi tout le paradoxe d’un marché prometteur, fort d’une culture économique développée et d’une classe moyenne très importante et désireuse de rattraper le temps perdu depuis 1979 et le premier embargo qui faisait suite à la Révolution iranienne.

Des opportunités nombreuses


Cette complexité ne doit toutefois pas détourner les entreprises françaises du marché iranien, rappelle Thierry Coville, chercheur à l’IRIS et professeur à Novancia, car le risque existe de voir la Chine ou simplement d’autres pays européens prendre leur place. Ce, alors qu’il y a un intérêt réciproque entre les deux pays, « des échanges culturels et une estime indéniable » explique Thierry Coville. « Depuis l’accord sur le nucléaire iranien, les entreprises comme Peugeot sont revenues, Carrefour y est aussi.... D’autres comme Renault, Vinci ou Total veulent y investir : tous les secteurs sont intéressants en Iran et les PME doivent aussi y regarder de plus près », insiste Thierry Coville, « d’autant plus que c’est un pays riche avec lequel il n’y a pas de problèmes de paiement ». Mais si le paiement n’est pas un problème, le financement en est un sérieux : refroidis par l’amende infligée en 2014 à BNP Paribas par les Etats-Unis, pour avoir mené des transactions en dollars, en infraction à l’embargo, les grandes banques françaises et européennes rechignent à financer les projets de leurs clients en Iran. En cause encore : la position des Etats-Unis sur l’Iran, qui reste ambivalente.

« La prise de risque est réelle pour les entreprises », conclut Thierry Coville, « en cas de non respect de l’accord, il y aura un retour automatique aux sanctions, ruinant les efforts réalisés par chacun… Sans oublier que l’Iran, au cœur du Moyen-Orient, n’est pas non-plus à l’abri des soubresauts de cette région ». Comme un tableau contrasté qui illustre à merveille le principe qui veut que dans toute opportunité, il y a une part de risque.
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